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Dominique CORBILLET - Saclay (Essonne)




HIÉROGLYPHES ILLISIBLES 

Un fluide carmin s’écoule en flots océan
Mille mots s’échappent de mes doigts écorchés
Et creusent, irrésistibles, le sol souillé
Des mots, inaudibles, se noient dans le néant

Mon cœur expulse ses dernières phrases sèches
Quelques lettres colorées gravent mes deux joues
Quand d’autres s’évaporent le long de mon cou
Personne ne connaîtra ces vers qui s’assèchent

Ma pensée en feu, en sursis, craint le risible
Mes cinq sens en sommeil espèrent, pleurent, prient
Et des paroles lassées, s’envolent, s’enfuient

Je les poursuis dans ce vide, me jette à l’eau
Puis j’aligne mes hiéroglyphes illisibles
Pourtant, fébrile, je doute de leur écho


VENT VIOLENT


Je rêve un vent violent, au souffle parfumé
Aux textes révoltés, doux sur ma peau bronzée
Zéphyr d’humanité, libre de voyager
J’espère simplement une autre vérité

J’envie les fleurs d’été, aux pétales fragiles
Aux messages fruités, uniques et graciles
Tendres, délicates, résistantes et fières
Ces fleurs qui combattent la nuit et la lumière
 
Je plains les océans, bleus, salés, irisés
Asphyxiés de polluants qui souffrent du silence
De leurs fils sans pitié et de l’indifférence

Je prie, je crie, je fuis ce monde sans idée
Ces hommes sans rêve, ces femmes sans sourire
Vaincus, le cœur en grève qui sèment le pire


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